Lucie Mervent dirige une agence de communication à Bordeaux. En 2021, son expert-comptable lui a suggéré de créer une holding. Elle avait 34 ans, une seule entreprise, et aucun projet de cession. Elle a quand même dit oui.

La logique derrière une décision qui semblait prématurée

La décision reposait sur un raisonnement précis : si Lucie souhaitait un jour vendre une partie de son activité ou réinvestir ses bénéfices dans une autre société, la fiscalité applicable sans holding serait nettement plus lourde. Le régime mère-fille permet de remonter les dividendes dans la holding avec une imposition quasi nulle, à condition que la structure soit en place depuis au moins deux ans au moment de la distribution. Anticiper était donc une condition technique, pas une option de confort.

Ce qui s'est passé en pratique

En 2023, Lucie a cédé 30 % de son agence à un associé entrant. Parce que la holding détenait les titres, la plus-value a bénéficié du régime des plus-values sur titres de participation, taxée à 3 % environ au lieu de 30 %. Sans cette anticipation, la différence aurait représenté plusieurs dizaines de milliers d'euros de charge fiscale supplémentaire.

Ce que ce cas illustre concrètement

Une stratégie fiscale ne se construit pas au moment où l'on en a besoin. Elle doit être pensée en fonction de scénarios futurs plausibles. Le coût de création et de gestion d'une holding est réel, environ 1 500 à 2 500 euros par an selon les cas. Mais ce coût doit être mis en regard des options qu'elle ouvre, pas seulement de la situation fiscale immédiate.